VISION JEUNESSE 2030

BÂTIR LE QUÉBEC DE LA PROCHAINE GÉNÉRATION

Plateforme électorale présentée dans le cadre des élections québécoises de 2026

La campagne électorale qui s’amorce à l’automne 2026 au Québec se déroule dans un contexte de profondes transformations qui altèrent la capacité d’agir de l’État : vieillissement accéléré de la population, tensions commerciales et faible croissance économique, crise du logement, urgence climatique. Les défis qui attendent la prochaine génération sont considérables et leurs perspectives d’avenir s’annoncent sombres, alors que le gouvernement peine à assurer la soutenabilité de son cadre financier.

La jeunesse québécoise se retrouve donc à payer le prix d’un manque de planification des ressources de l’État pour adresser ces crises.

Ces décisions sont trop souvent prises dans des visées électoralistes, sans suffisamment prendre en compte les besoins futurs. Des années de négligence ont créé de véritables crises sociales et économiques, que la prochaine génération refuse de porter seule.

Un constat est indéniable : la marge de manœuvre dont dispose l’État pour répondre aux besoins de sa population se rétrécit. Le gouvernement a fait le choix de baisser les impôts alors qu’une prudence s’imposait, la dette continue de se creuser malgré les efforts pour résorber le déficit, et les infrastructures publiques ont besoin plus que jamais d’un rattrapage. L’épisode de la pandémie de COVID-19 a montré l’importance d’avoir des finances publiques en ordre pour aider la population dans les moments les plus critiques.

La Vision jeunesse 2030 se concentre sur trois grands chantiers sur lesquels l’État doit impérativement agir pour donner aux jeunes du Québec les mêmes opportunités que celles de leurs parents : la crise de l’habitation, la pérennité des services publics et l’entretien des infrastructures.

Ces trois chantiers sont complexes, et demandent des actions dont le résultat ne sera mesuré qu’à long terme. Les adresser n’est pas une affaire de gauche ou de droite, mais bien une responsabilité que le prochain gouvernement devra porter pour donner aux générations futures le même filet social que celui qui a permis le succès des générations précédentes. Force Jeunesse a espoir que les partis politiques proposeront une offre politique pour gouverner le Québec en fonction de la prochaine génération, et non pas de la prochaine élection.

NOS 10 RECOMMANDATIONS

Le logement : une génération mise à la porte

L’accès au logement et à la propriété est devenu au fil des dernières années un véritable défi pour les jeunes générations qui veulent se loger à un prix abordable. En moins d’une décennie, les loyers ont explosé, l’accession à la propriété est maintenant hors de portée pour une part croissante de la jeunesse et le parc de logements abordables s’est érodé malgré une demande record.

Seulement entre 2024 et 2025, la valeur moyenne d’une propriété a bondi de 8,1 %, alors que la croissance des salaires était de 3,3 %. Pour les jeunes, cette réalité se traduit par une part disproportionnée du revenu consacrée au loyer, une mobilité réduite et des projets de vie retardés.

Il est inadmissible que le manque de vision gouvernementale en matière de logement fasse reposer ce fardeau sur les épaules de la génération montante.

  • En créant un fonds permanent dédié au logement hors marché, financé par une taxe sur les grands héritages et dons familiaux.

  • En instituant un registre public des loyers via la déclaration obligatoire au Relevé 31 et doter le TAL des ressources nécessaires pour traiter les dossiers dans des délais raisonnables tout en protégeant les locataires contre les représailles.

  • En créant, de concert avec le gouvernement fédéral, un transfert unifié sans conditions restrictives pour l’ensemble des programmes touchant la construction, la rénovation et le financement de logements.

  • En adoptant des mesures législatives et fiscales visant à augmenter la construction en densité, afin d’accroître l’offre résidentielle et permettre aux jeunes ménages d’accéder à la propriété.

Des services publics durables pour toutes les générations

Les services publics se dégradent et les finances publiques du Québec sont fragiles. Cet état précaire se reflète dans l’écart persistant entre la croissance des dépenses et celle des revenus, les faibles gains de productivité, les infrastructures vieillissantes et le bond de 53 % des frais d’intérêt de la dette depuis 2022, des facteurs qui ont amené les agences de notation à surveiller de plus près la cote de crédit du gouvernement.

Force Jeunesse craint que des décisions continuent d’être prises sans réflexion suffisante sur leur soutenabilité à long terme. Elle propose quatre leviers pour remettre les finances publiques québécoises au service des générations futures.

  • En imposant un moratoire sur tout allègement fiscal de l’État québécois jusqu’à la tenue d’états généraux sur la soutenabilité budgétaire à long terme de ses services publics.

  • En bonifiant la grille d’analyse réglementaire afin d’y intégrer des critères d’équité intergénérationnelle dans tous les mémoires qui sont présentés au Conseil des ministres.

  • En implantant une gestion stratégique des effectifs de l’appareil public québécois permettant d’anticiper les besoins en ressources humaines, d’éviter des gels d’embauches pénalisant indûment les jeunes en début de carrière et de miser sur l’intégration des jeunes talents comme levier de modernisation de l’État.

  • En révisant le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission et établir des cibles claires de réductions de GES pour 2030 et 2050, afin que les cibles soient en cohérence avec celles du GIEC.

Les infrastructures : entretenir nos acquis, mieux choisir ce qu’on bâtit

Le Québec subit de plus en plus les effets d’un sous-investissement dans ses infrastructures publiques, et l’actualité regorge d’exemples inquiétants sur l’état de ses écoles et hôpitaux.

Selon le Plan québécois des infrastructures 2026-2036 (PQI), 56 % des écoles québécoises sont considérées en mauvais état et nécessitent des travaux importants, tout comme 38 % des hôpitaux. Ces actifs en mauvais état représentent une dette cachée, qui prend de l’ampleur au fil des ans. Le déficit de maintien des actifs (DMA), atteint maintenant les 44,8 G $. Ce déficit a doublé au cours des six dernières années et représente un DMA par habitant trois fois plus élevé qu’en Ontario.

  • En se dotant d’un mécanisme légal contraignant le gouvernement à se doter d’un plan de réduction du déficit de maintien d’actifs, et prévoyant notamment un ratio cible d’investissements en maintien d’infrastructures dans le PQI.

  • En concentrant les nouveaux projets de bonification d’infrastructures à des projets structurants de mobilité durable ou permettant la transition énergétique du Québec, et ce, pour les cinq prochaines années.

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La jeunesse ne réclame pas de privilèges.

Notre génération refuse simplement d’hériter d’une société endettée, d’un marché du logement inaccessible et d’institutions publiques fragilisées par des décennies de décisions qui ne tiennent pas assez compte des besoins futurs.

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À propos de Force Jeunesse

Dans une perspective d’équité intergénérationnelle, Force Jeunesse défend les droits et les intérêts de la jeunesse du Québec dans l’élaboration des politiques publiques.

De manière non partisane, Force Jeunesse fait la promotion de la place des jeunes dans les sphères décisionnelles, catalyse les forces du milieu de la jeunesse et crée des espaces d’échanges pour la relève.

Merci au comité de rédaction qui a donné vie à cette plateforme de revendications, sous la direction de Chloe Bell.

  • Alexandrine Beauvais Lamoureux

  • Audrey Bélanger

  • Philippe Jarry

  • Béatrice Limoges

  • Fred-William Mireault

  • Dominick Scott